
S’il y a bien un livre dans lequel je ne suis absolument pas entré, c’est bien celui-là. Je dirais même que je suis passée complètement à côté.
Les mots sont beaux, croustillants. Je me suis régalée comme si je goûtais chacun d’eux. Le titre « Une Gourmandise » prend alors tout son sens. L’ensemble est esthétique… Voilà, le mot est lâché : « esthétique« . Un peu comme « Teorema » de Pasolini. Tout le monde s’accorde à trouver ce réalisateur « esthétique« . Personne ne comprends rien à ses films mais on reste accroché à l’image.
Pour Barbery, c’est un peu la même chose.
Je n’avais pas lu « L’Elégance du hérisson« , mon avis n’était donc pas « pollué » par le phénomène littéraire.
J’ai terminé la dernière page hier et je suis pourtant bien incapable de vous en faire un résumé. J’ai lu de jolies choses mais je ne sais pas ce que j’ai lu.
Car la force de Barbery, c’est un peu celle de Gavalda : choisir des mots chauds, parfumés qui vous ramènent dans le monde de l’enfance. Lire du Barbery ou du Gavalda, c’est un peu comme retrouver sa madeleine de Proust.
A lire si vous avez envie de savourer, passez votre chemin si vous êtes à la recherche d’une vrai histoire.
C’est le plus grand critique culinaire du monde, le Pape de la gastronomie, le Messie des agapes somptueuses. Demain, il va mourir. Il le sait et il n’en a cure: aux portes de la mort, il est en quête d’une saveur qui lui trotte dans le coeur, une saveur d’enfance ou d’adolescence, un mets original et merveilleux dont il pressent qu’il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli. Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frénétique-ment, il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools… Il se souvient – et il ne trouve pas. Pas encore.
Une Gourmandise de Muriel Barbery – Ed. Gallimard – 9,10 euros.
Prochaine lecture : « Testament à l’anglaise » de Jonathan Coe.
MMmmm je vois tout à fait ce dont tu veux parler.
Je n’ai pas lu celui-ci mais j’avais lu « l’élégance du hérisson ».
La fin sauvait le livre, elle est brillante, j’en garde un excellent souvenir.
Le reste était comme tu dis « esthétique » mais sans réelle histoire. C’était plus une galerie de personnages.
Et surtout j’avais trouvé ça assez difficile d’accès. Très bien écrit, peut être trop? (l’esthétique peut parfois tuer le propos en effet)
A voir…
Duras publiait parfois des livres qui ne racontaient rien (pas tous attention!) et qui ne se savouraient que pour le plaisir des mots.
Mais effectivement ce genre de livre ne marche pas à chaque fois…N’a pas le talent de Duras qui veut
P.S. ce livre a été publié dans la fameuse collection des « beaux » coffrets folio? (étonnant non? je croyais qu’ils n’y publiaient que des chefs d’oeuvre incontestables?)
Oui, il s’agit bien de la collection des « veaux » coffrets Folio. En fait, je ne sais trop comment ils dont leur sélection chez Gallimard… Au début, il s’agissait bien de chefs d’oeuvre mais depuis quelque temps, c’est un peu tout et n’importe quoi.