RSS Feed

Posts Tagged ‘Kundera’

  1. L’Insoutenable légèreté de l’être…

    janvier 10, 2009 by Johanna

     
     

      J’ai appris à lire à l’âge de quatre ans. Depuis, je ne fais que dévorer les livres. Je pense qu’inconsciemment, je cherchais LE livre parfait et je l’ai trouvé avec « L’Insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera.

    Je croyais que la perfection de l’écriture était un fantasme, un Graal impossible à atteindre. Mais c’est bien ce dont il s’agit ici.

    Tout est tellement beau, poétique, génial, bouleversant que je ne me suis autorisée à lire que quelques bribes à chaque fois, de peur de gâcher mon plaisir, d’arriver trop vite à la fin. Comme on le ferait avec une boîte de très bons chocolats (Forrest Gump, sors de ce corps!).

    Je me suis reconnue en Tereza, cette femme qui fantasme l’Amour, qui le veut au-dessus de tout. Elle se retrouve confrontée à la réalité, au libertinage de l’homme qu’elle aime, Tomas, mais elle continue à y croire, comme si sa vie en dépendait.
    J’ai été très touchée par le lien magique qui l’unit à son chien, Karénine. Les dernières pages du livre nous décrivant le trio Tereza-Tomas-Karénine sont extrêmement touchantes.

    Beaucoup d’émotion aussi devant le destin de Sabina, une des maîtresses de Tomas. Intelligente, asentimentale, elle quitte Franz, son grand amour genevois, et court après sa liberté, d’Europe en Amérique, pour ne trouver à la fin que «l’insoutenable légèreté de l’être». Mais une fois véritablement installée quelque part, en Californie, elle a peur. Peur d’être enterrée où aucun membre de sa famille ne repose. Si elle mourrait là, elle aurait le sentiment de ne jamais avoir existé…

    « L’Insoutenable légèreté de l’être« … Milan Kundera n’a pas écrit de véritable fin comme s’il voulait laisser la liberté à ses personnages d’être véritablement heureux…

    Tomas et Teresa sont les deux pôles du roman. Faut-il choisir de porter le poids du passé sur ses épaules, comme Teresa qui ne peut se passer de la Tchécoslovaquie, qu’elle a pourtant fuie après le Printemps de Prague, de même qu’elle ne peut vivre sans Tomas, ce mari qu’elle chérit d’un amour jaloux et, par-là, à jamais insatisfait ? Ou bien faut-il préférer à cette pesanteur la légèreté de l’être qui caractérise Tomas et Sabina, la maîtresse amie qui seule peut comprendre le médecin séducteur explorant les femmes comme s’il disséquait des objets d’étude au scalpel ? Ne sachant quelle orientation est la plus supportable, le roman offre tour à tour le regard des différents personnages. Même le chien Karénine a droit au chapitre. Mais ce ballet incertain teinté d’irréalité apparaît vite comme une interrogation dialectique qui oscille entre réflexion et délire poétique pour aboutir à la conclusion que la pesanteur et la légèreté, pareillement insoutenables, ne procèdent jamais d’une décision véritable.


    « L’Insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera – Ed. Folio – 9,10 euros.

    Prochaine lecture : « La Ballade de Baby » de Heather O’Neill.

     


  2. Tag littéraire…

    octobre 15, 2008 by Johanna

     

     

      Bon, voilà je me suis faite tagguer par Bridget en Bikini.

    Donc le tag littéraire, envoici le principe:
          – Choisir un livre (celui que vous lisez de préférence).
          – L’ouvrir à la page 123, (donc prendre un livre de plus de 123 pages, bien sûr).
          – Recopier à la 5ème ligne, les 5 lignes suivantes!
          – Indiquer le titre du livre, toutes les références du bouquin, auteur, éditeur,  et l’année de l’édition
          – Après à vous de « taguer » 4 personnes à votre tour pour connaitre les lectures, prévenez les sur leur blog et prévenez moi aussi!

    En ce qui me concerne, je lis actuellement « L’Insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera (Folio - 1989).

    « L’eau pulvérisé jaillissant des tourniquets retombait sur la pelouse ; il était d’excellente humeur. De l’université, il alla directement chez son amie. Elle habitait à quelques rues de là.
    Il s’arrêtait souvent chez elle, mais toujours en ami…« .

    Je taggue Missash, Carlota, Angely et Corienga. A vous les filles! ;)

     

     


  3. La Consolante…

    août 22, 2008 by Johanna

     

      Il faut bien l’avouer, « le » Gavalda est LE livre que l’on attend avec une gourmandise et une envie non feintes. Un peu comme lorsqu’on nous annonce la sortie de la version ciné de « Sex & the City« … On est toute excitée, on le tracte, on peste, on tremble lorsqu’on apprend que l’auteure s’est faite voler son portable, lequel contenait l’ensemble  de ses écrits… Enfin, il est là (il est moche : mon Dieu, pourquoi une couverture aussi laide?), annonçant déjà prétentieusement son triomphe… Un livre a-t-il été aussi attendu que « La Consolante« ?…
    Et bien, après l’avoir lu, j’ai juste envie de paraphraser un ancien Président de la République : « Pschitt!« .
    L’envie, si intense pourtant, de lire cet ouvrage s’est amenuisée au fil des pages…

    J’avoue n’avoir pas aimé tous les livres de Gavalda, j’avais d’ailleurs considéré « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » comme une petite erreur de parcours, un petit manque d’inspiration… J’avais été envoûté par « Je l’aimais« , eu le coeur gros après avoir fini « Ensemble, c’est tout« .

    Bien sûr ici, on retrouve tout ce que l’on aime dans les contes Gavaldiens, ce petit côté « Amélie Poulain« , à savoir le brocardage de tout ce que l’on déteste dans cette société de misère, toutes ces veuleries, cette succession d’ambiance délétères, tous ces gens qui vous font changer de trottoir, ces conversations qui n’en sont plus, le plafond si bas qu’on finit par marcher dessus. On retrouve ces amitiés blessées, ces amours qui s’effritent, ces familles recomposées, ces êtres qui se croisent et se reconnaissent.
    Mais alors que cela avait jusqu’alors fonctionné parfaitement, dans « La Consolante« , tout tombe à plat comme si la machine était cassée. J’ai bien peur qu’Anna Gavalda se soit enfermée dans un mécanisme qui avait fait jusque là son succès.

    J’aime lire et je ne peux pas imaginer m’endormir,  quelle que soit l’heure, sans avoir lu un chapitre. C’est mon « petit plaisir« , mon « petit bonheur » du soir après une journée pas forcément toujours très facile. Et  ce livre, rien qu’à l’idée d’en lire quelques lignes, me plongeait dans un grand état d’angoisse. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi… peut-être parce qu’il tourne un peu trop autour de la mort, ce qui remue en moi des blessures pas forcément toujours refermées…

    Bref, je n’ai pas aimé. J’ai trouvé que c’était un livre bavard, six cent pages garnis de digressions et de coquetteries stylistiques, des fioritures qui gênent souvent la lecture d’un récit éreinté, parfois même redondant ; il y a une surabondance de dialogues et une avalanche de verbes au passé simple sans sujet. J’avoue souvent avoir du m’y reprendre à plusieurs fois pour savoir qui parlait… sans en être toujours sûre! Et ce mélange franco-anglais, c’est tout bonnement ridicule ; j’avais l’impression de lire du JCVD

    D’autres choses m’ont gênée.. ce rappel encore et toujours à la mort : oui Anna, nous savons pertinemment qu’on finira un jour ou l’autre par y passer mais si tu pouvais juste, pour éviter que l’on ne se flingue tout de suite, éviter de nous le répéter à longueur de pages…  Déjà qu’on n’était pas trop bien…
    Osons, le dire, j’ai trouvé ce livre passéiste ; ce « c’est forcément mieux avant et tout de façon, maintenant, c’est trop tard, tout est foutu » m’a énervée au plus haut point.

    Et puis, je ne me suis pas attachée au personnage principal et ça, ça me dérange. Je ne peux pas m’imprégner d’une histoire sans l’aimer, l’engueuler quand il fait des choses qui m’énervent, le pousser quand il en a besoin… Parce que Charles, OK, il est en pleine « midlife crisis » : il travaille comme un fou. Il gagne pas mal d’argent. Mais avec sa compagne, Laurence, ce n’est plus ça. Bon, heureusement, il y a Mathilde, la fille d’un autre, une ado qu’il aime très fort, et avec qui il a une véritable complicité. Mais en même temps, sa vie de M¨°%+, il l’a cherché en choisissant la facilité tout au long de son existence, non?
    Enfin, on se dit que tout va changer lorsque ce précaire équilibre vole en éclats, le jour où un petit mot laconique lui apprend la mort d’Anouk Le Men, une infirmière urgentiste qui fut la voisine des parents de Charles, mais surtout une mère de substitution, et son premier amour. Quant à Alexis, le fils d’Anouk, trompettiste de jazz junkie recyclé en commercial de province, c’était plus que son frère. Même s’ils sont fâchés, c’est lui qui l’a informé. Après la mort de Nounou, un vieux travelo, ancien artiste de music-hall retrouvé assassiné, c’en est trop.
    Les retours à son enfance et le quatuor Charles-Anouk-Nounou-Alexis furent pour moi les moments les plus intéressants et les émouvants du livre. Nounou est certainement celui qui m’a le plus touchée… Ette grande folle qui aura passé son temps à être rejeté et qui connaîtra par connaître une mort synonyme de sa vie…
    Charles part alors à la dérive, picole, fait n’importe quoi, arrive à ne plus pouvoir travailler, et sa relation avec Laurence part en lambeaux. Il décide de prendre le taureau par les cornes, d’aller voir Alexis, de s’expliquer avec lui sur le suicide d’Anouk. Mais là-bas, dans le Sud, la merveilleuse Kate et sa tribu de marmots l’attendent. Tout est encore possible et il ne le sait pas… enfin, LUI, ne le sait pas, mais NOUS, ça doit bien faire environ un quart du livre qu’on se doute de qui va arriver et de l’ »happy end » annoncé.

    J’aurais aimé en connaître un peu plus sur Alexis, personnage intriguant et mystérieux et en savoir un peu moins sur Kate, à laquelle je ne me suis absolument pas attachée…

    Désolée Anna, mais je trouve que là, tu es un peu trop tombé dans la facilité… Pas touchée…

    Je suis vraiment extrêmement curieuse de savoir ce que VOUS en avez pensé et de connaître votre ressenti sur ce livre.

    « Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d’une femme qu’il a connue quand il était enfant, et adolescent.
    « Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l’impression d’avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu’il est devant l’évier, s’asperge le visage en gémissant.
    Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez… C’est fini.
    C’est fini, tu comprends ?»
    Le problème, c’est que non, il ne comprend pas. Et il n’y retourne pas, vers la vie. Il perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tour se fissure en lui; Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.» .

    Je vous invite également à lire la critique de Marie.

    « La Consolante » d’Anna Gavalda – Ed.Le Dilettante – 24,50 euros. 

    Prochaine lecture : « L’Insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera.